Pharmacies en danger : l’inaction de l’État menace des fermetures en chaîne

Le secteur pharmaceutique marocain traverse une crise sans précédent, nourrie par quinze années de promesses non tenues et de réformes avortées. Mardi, des centaines de pharmaciens ont manifesté dans la capitale, dénonçant le « chaos » qui s’installe dans leurs officines et avertissant que près d’un tiers d’entre elles risquent de fermer.

Devant le ministère de la santé, une caisse symbolique sur laquelle était inscrit « Pharmacie marocaine » illustrait la fragilité d’un secteur jugé vital pour la sécurité sanitaire du pays. La Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM), organisatrice de la mobilisation, a rappelé que les différents ministres de la santé avaient multiplié les promesses de réformes au cours des quinze dernières années, sans jamais traduire ces engagements en actes concrets. « Nous ne sommes entendus que lors de consultations de façade », déplore son président, Lahbabi, qui accuse le gouvernement de « complicité tacite » dans la dégradation du secteur.

Au cœur des revendications figure la persistance des ruptures d’approvisionnement en médicaments, phénomène qui alimente un marché parallèle florissant. De nombreux produits circulent hors des circuits officiels, allant jusqu’aux compléments alimentaires vendus sans aucun contrôle sanitaire. L’absence d’une réglementation claire fragilise davantage la profession et contribue à un climat de désordre généralisé. Selon la CSPM, environ 4 000 officines seraient déjà au bord de la faillite.

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