Les médicaments sont chers au Maroc: le vrai du faux

Selon un rapport attribué à une ONG locale, les prix de certains médicaments vendus au Maroc sont en tendance haussière. Faux, rétorque la faîtière en charge du secteur pharmaceutique.

C’est un rapport attribué à l’ONG Réseau marocain pour la défense du droit à la santé et à la vie (RMDDS) et repris en boucle par la presse locale ces dernières jours. Selon ces journaux, ce rapport dénonce des tarifs trop élevés de certains médicaments au Maroc. Il s’agirait tout particulièrement des médicaments importés utilisés dans le cadre de traitements des maladies cardiaques, de l’asthme, de l’hépatite ou encore du cancer.

Cité par un quotidien arabophone, le RMDDS donne à titre d’exemple un traitement pour l’hépatite qui coûte entre 3.000 et 6.000 dirhams au Maroc, alors que son prix ne dépasserait guère 800 dirhams en Égypte. Comme explication à ces tarifs exponentiels, le monopole de certains exportateurs qui compteraient dans leur giron environ 25% des médicaments importés.

Cette alerte du RMDDS fait écho à une autre enquête publiée début octobre dernier par des journaux arabophones. Ces derniers ont comparé les prix d’une vingtaine de médicaments sur les marchés marocain, français et belge, et ont conclu à des différences notables. Les prix pratiqués au Maroc étant de loin supérieurs à ceux de l’Hexagone et de la Belgique, avec «des tarifs jusqu’à 1.600% plus élevés», selon cette enquête.

La FMIIP pas d’accord

Vu que l’accès aux responsables du RMDDS et au rapport susmentionné étant presque impossible, la question a été élucidé auprès de la Fédération marocaine des industries et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP), qui a appelé «prendre les résultats de ces enquêtes avec des pincettes».

Layla Sentissi, directrice exécutive de la FMIIP organisation, a affirmé à la presse que toute une réglementation entoure la fixation des prix des médicaments. «Personne ne peut augmenter ou baisser son prix sans intervention des autorités. Donc, qu’on dise que les prix sont plus chers, de toute façon c’est l’État qui les fixe», explique-t-elle. Et de renchérir: «il y a un décret de 2014 basé sur un benchmark de 7 pays qui fixent les prix des médicaments. Ces prix sont révisés de manière cyclique et font l’objet d’un Bulletin officiel qui régule trimestriellement ces tarifs avec les prix à la baisse.»

Ces propos sont en cohérence avec les dernières mesures prises au niveau de l’État. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a déjà approuvé la baisse des prix de certains médicaments princeps, génériques et biosimilaires. La décision a même été publiée au Bulletin officiel du 4 juillet 2024.

À cela s’ajoute une autre annonce faite par le même ministère devant les parlementaires lors d’une séance de questions orales le 15 octobre 2024. Khalid Aït Taleb, le ministre d’alors, avait précisé que le pourcentage de la baisse des prix atteindra près de 59% pour certains médicaments de traitement de maladies chroniques.

Alors que le rapport de l’ONG dépeint une situation alarmante avec des prix des médicaments importés qui s’envolent, la FMIIP insiste sur une réglementation rigoureuse qui encadre strictement ces tarifs. Une divergence qui laisse l’opinion public perplexe et l’emmène à réfléchir sur la transparence et l’efficacité des mécanismes de régulation des prix des médicaments au Maroc.

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