Ozempic: le revers caché des médicaments minceur, entre carences graves et retour du scorbut

De plus en plus populaires pour favoriser la perte de poids, les médicaments de la famille des agonistes du GLP-1, comme Ozempic et Mounjaro, sont aujourd’hui au cœur d’une inquiétude croissante. Des centaines d’utilisateurs signalent des carences nutritionnelles sévères — certaines allant jusqu’à provoquer des cas de scorbut, une maladie que l’on associait jusqu’ici aux marins et aux pirates d’un autre temps.

Ces traitements agissent en réduisant fortement l’appétit. Résultat : les patients mangent moins, parfois beaucoup moins. Si cette diminution favorise la perte de poids, elle peut également entraîner une réduction importante des apports en vitamines et minéraux essentiels, lorsque l’alimentation n’est pas adaptée ou encadrée.

Le scorbut, causé par une carence sévère en vitamine C, est l’une des complications les plus surprenantes rapportées. Fatigue intense, douleurs musculaires, saignements des gencives, fragilité cutanée : autant de symptômes que l’on croyait appartenir aux récits historiques, mais qui réapparaissent aujourd’hui dans certains contextes de dénutrition moderne.

La professeure Clare Collins, de la Newcastle School of Health Sciences en Australie, met en garde contre un angle mort des recherches actuelles. Selon elle, de nombreux essais cliniques menés sur ces médicaments n’ont pas évalué précisément le régime alimentaire ni l’apport en nutriments des participants. Cette absence de données rend difficile l’évaluation complète des risques à long terme liés à leur utilisation.

Face à ces signalements, les professionnels de santé appellent à la prudence. Ils recommandent un suivi médical régulier et un accompagnement nutritionnel personnalisé pour toute personne sous traitement GLP-1. L’objectif : s’assurer que la perte de poids ne se fasse pas au détriment de l’équilibre nutritionnel et prévenir l’apparition de complications évitables.

Si ces médicaments représentent une avancée importante dans la prise en charge de l’obésité et du surpoids, leur utilisation ne doit pas occulter une réalité essentielle : maigrir ne signifie pas se priver des nutriments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

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