Sit-in du 9 avril : les pharmaciens disent non à l’entrée des investisseurs

Depuis plusieurs semaines, la question de l’ouverture du capital des pharmacies s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles du secteur de la santé. Entre considérations économiques, exigences de santé publique et crainte d’une dérive commerciale, le débat ne cesse de s’intensifier — au point de profondément diviser la profession.

Le sit-in du 9 avril 2026, organisé devant le Conseil de la concurrence, en est une illustration marquante. Ce jour-là, des pharmaciens venus de toutes les régions du Maroc ont répondu en nombre à l’appel de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM). Une mobilisation forte, qui a transformé un débat latent en véritable démonstration de terrain.

Derrière cette présence massive, une inquiétude commune : voir la profession basculer vers une logique financière, au détriment de sa mission de santé publique. Pour Mohamed Lahbabi, président de la CSPM, le risque est bien réel. Il met en garde contre un projet qui pourrait fragiliser un service de proximité essentiel, notamment dans les zones les plus isolées.

Le message porté par la CSPM est sans équivoque. Dans son communiqué, l’organisation exprime un rejet clair de ce qu’elle qualifie de « financiarisation de la pharmacie ». Pour ses représentants, ouvrir le capital des officines à des investisseurs reviendrait à remettre en cause les fondements mêmes du modèle actuel : indépendance professionnelle, responsabilité sanitaire et relation de confiance avec les patients.

« La pharmacie marocaine ne peut être réduite à une simple activité commerciale », martèle l’organisation, qui redoute une évolution progressive du secteur vers une logique de rentabilité.

Au-delà des principes, les préoccupations sont très concrètes. Les pharmaciens craignent un déséquilibre du système, où la performance économique primerait sur l’intérêt du patient. À terme, cela pourrait fragiliser des éléments clés comme la proximité, l’accessibilité ou encore la continuité des soins — autant de piliers qui font aujourd’hui la force du réseau officinal.

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