JBUM 2026 : Quand le bon usage du médicament devient un enjeu national de santé publique

Au Maroc, la question du médicament ne peut plus se limiter à sa disponibilité ou à son efficacité scientifique.
Car entre la prescription et le résultat thérapeutique, une réalité souvent silencieuse continue de fragiliser tout le parcours de soin : la non-adhésion aux traitements.

C’est autour de cette problématique majeure que la Société Marocaine de Pharmacologie et des Thérapeutiques a organisé la Journée du Bon Usage du Médicament – JBUM 2026, un rendez-vous scientifique et humain qui place le patient au cœur de la réflexion thérapeutique.

Le message porté cette année est fort :
« Le bon médicament ne suffit pas… l’adhésion fait la différence. »

Derrière cette phrase se cache une réalité préoccupante.
Aujourd’hui, près d’un patient sur deux ne suit pas correctement son traitement. Les causes sont multiples : complexité des schémas thérapeutiques, coût des médicaments, effets indésirables, oubli, peur, manque d’information, difficulté d’accès ou encore perte de confiance dans le système de soins.

Autrement dit, le problème du bon usage du médicament ne relève pas uniquement de la prescription médicale.
Il touche aussi à la compréhension, à l’accompagnement et à la relation humaine autour du soin.

Durant cette édition 2026, les intervenants ont rappelé que derrière chaque dose administrée, il existe une histoire personnelle, sociale et psychologique.
L’adhésion thérapeutique se construit souvent dans les détails : une explication claire, un langage accessible, une simplification du traitement, l’implication des proches ou encore une meilleure écoute du patient.

Cette approche marque une évolution profonde de la pratique médicale et pharmaceutique.
Il ne s’agit plus seulement de prescrire, mais de convaincre, accompagner et rendre le traitement compatible avec la réalité quotidienne du patient.

La JBUM 2026 a également mis en lumière la place croissante du numérique et de l’intelligence artificielle dans le suivi thérapeutique.
Applications de monitoring, rappels intelligents, suivi connecté ou analyse des données de santé : les technologies ouvrent de nouvelles perspectives pour améliorer l’observance et renforcer la continuité des soins.

Mais les experts ont insisté sur un principe essentiel :
la technologie doit soutenir la relation humaine, jamais la remplacer.

Au-delà de l’aspect clinique, cette rencontre a aussi souligné que le bon usage du médicament constitue un pilier fondamental de la couverture sanitaire universelle.
Un traitement inefficace parce qu’il est mal suivi représente non seulement une perte de chance pour le patient, mais également un coût important pour les systèmes de santé.

Dans un contexte marqué par la transformation du système de santé marocain, la Journée du Bon Usage du Médicament 2026 apparaît ainsi comme un espace stratégique de réflexion sur l’avenir des soins, la responsabilisation des patients et l’évolution du rôle des professionnels de santé.

Car au final, le véritable défi n’est plus seulement de disposer du bon médicament.
Le défi est désormais de garantir le bon usage… pour obtenir le bon résultat.

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